Le Posteur a trépassé

En 2009, Le Post, c’était un peu comme Twitter aujourd’hui, maintenant qu’il y a beaucoup d’utilisateurs. Quand on voulait savoir « ce qui se passait sur le net », on jetait un coup d’oeil à la une. Guy Birenbaum, qui a été impliqué dans le lancement du site avant même son ouverture raconte que « c’était sur Le Post qu’il fallait aller pour voir les choses ».

C’est là qu’étaient les vidéos qu’il fallait retenir de la journée télévisée de la veille. C’est là que commentaient les polémistes, qu’ils soient bons ou mauvais. C’est là que survivait une grosse communauté de royalistes Désirs d’Avenir après sa défaite. C’est là aussi que des plaisantins avaient organisé la mort de Jean Dujardin. Il y avait à boire et à manger comme on dit, entre les infos les plus insolites, la présence très importante de l’actualité des régions ou leur classement des députés qui cumulent. Mais c’était le rendez-vous du « buzz ».

« C’était un beau laboratoire » continue Guy Birenbaum. C’est par exemple sur Le Post qu’on pouvait, avant que Twitter ne soit tant utilisé, commenter en direct les émissions, parfois avec des accords commerciaux comme avec La Nouvelle Star. La page d’accueil du Post de la grande époque ressemble à de nombreuses timeline de Twitter aujourd’hui.

Ma route a croisé celle du Post régulièrement. Quand j’ai raconté comment on pouvait recevoir une amende de 4 euros pour avoir traversé au petit bonhomme rouge.

Quand j’ai propulsé une vidéo d’anti-Hadopi, qui avait recueilli de nombreuses vues, grâce au fait qu’elle soit « vue sur la une ». Ou encore quand j’ai déclaré mon amour aux chats. Quand j’ai participé en 2009, à la plateforme Tweest permettant de suivre politiques et journalistes sur Twitter sans forcément ouvrir un compte sur le réseau social.

Alors lundi, Le Monde lance Le Huffington Post qui va remplacer Le Post. « Les autres pages du site LePost.fr seront placées en mode archive et resteront accessibles en ligne quelque temps encore » indique La Marianne du Post. Quelque temps. En attendant, chaque utilisateur peut télécharger sur son ordinateur son propre contenu écrit sur le site à l’adresse backup.lepost.fr. C’est à dire ses articles.

Bien sûr, c’est mieux que rien. Mais il manque les commentaires, il manque la navigation. Il manque le reste. En 2009, Yahoo! avait de la même manière fermé Geocities, immense plate-forme d’hébergement gratuit, qui hébergeait une grande part de l’Internet vernaculaire. Vernaculaire qui avait d’ailleurs une belle place au sein du Post, avec ses illustrations faites sur Paint, ces vidéos de chats et autres montages vidéos.

Respect donc au Post, aux posteurs, à Jean Dujardin, à Aude et Maru, aux Alexandre.

Et comme on dit en Bretagne : adieu vat !

2 thoughts on “Le Posteur a trépassé

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