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mardi 17 mars 2009

Le billet perdu de Pierre Assouline

Quand on raconte que Jacques Attali devient gratuit (en citant son nouveau blog), on n'a pas pris le temps de vérifier l'information. C'est ce qui arrive à Pierre Assouline, qui a depuis retiré de son blog le billet suivant qui apparaît dans mon agrégateur RSS. Je vous le recopie ici puisqu'il est introuvable en ligne.

Tout Attali gratuit !

Qu’on se le dise : l’intégralité de la cinquantaine de livres publiés en librairie depuis 1973 (Analyse économique de la vie politique) par l’essayiste-romancier-biographe-mémorialiste-dramaturge-rapporteur Jacques Attali est désormais disponible gratuitement en Pdf ainsi que sur les réseaux P2P. Avant de hausser les épaules, du moins pour cerains d’entre vous, en jurant que même pour rien vous n’en voulez pas, penchez-vous sur la chose car l’initiative vaut qu’on s’y arrête. Elle est née en fait non d’un projet longuement mûri mais de la réaction de l’auteur à la polémique déclenchée sur son ancien blog de L’Express (il blogue désormais chez Slate) par un billet du 9 mars dénoncant “Une loi scandaleuse et ridicule”. Celle réprimant le téléchargement gratuit de musiques ou de films. Il juge ce projet de loi absurde car selon lui le cryptage vain et illusoire, et dangereux car il accentue la surveillance des pouvoirs sur les internautes. Et le sacro-saint droit d’auteur ?

“A la fin du 18ème siècle, les lois sur les droits d’auteurs ont été écrites pour protéger les créateurs contre les marchands. Au milieu du 19ème siècle, telle fut aussi la raison d’etre des premières sociétés d’auteurs . Voilà qu’on prétend les utiliser pour protéger les marchands contre les créateurs ! Pire même, voilà qu’on prétend transformer les artistes en une avant-garde d’une police de l’Internet où sombrerait la démocratie. Cette loi sera sans doute votée, parce qu’elle est le pitoyable résultat d’une connivence passagère entre des hommes politiques, de gauche comme de droite, toujours soucieux de s’attirer les bonnes grâces d’artistes vieillissants et des chefs d’entreprises bien contents de protéger leurs profits sans rien changer à leurs habitudes”.

Le reste du billet étant de la même encre, on peut au moins lui reconnaître un certain courage dans la franchise. D’autant qu’il n’a pas vraiment habitué tant ses lecteurs que ses clients à ce type de discours. Si on veut y déceler des traces de démahogie jeuniste, elle ne sert pas ses intérêts traditionnels. Alors ? Des 164 commentaires qui ont suivi son billet, l’un notamment signé Timo et posté le 11 mars à 0h49, l’a poussé à réagir ainsi en livrant son oeuvre à tous en ligne et pour rien. Il est vrai qu’il s’achevait par ces mots :

“Je suis un musicien indépendant, je me produis par mes propres moyens, je ne suis aidé par aucune multinationale, et le jour où vous DONNEREZ l’integralité de vos livres gratuitement, alors vous aurez l’autorité morale pour venir des leçons sur la gratuité à la planète entière. Tant que vous n’aurez pas joint l’acte à la parole, votre article reste de la récupération démagogique, vous gagnerez en capital sympathie auprès du peuple, mais un capital sympathie construit sur de la fraude morale.”

[La république des livres]

mercredi 14 janvier 2009

Quel roman pour les années 80 ?

On a beaucoup parlé à la rentrée littéraire de septembre 2008 d'un livre, de Tristan Garcia, "La meilleure part des hommes". Il se vantait dans chaque article d'avoir voulu faire un portrait d'une génération et des années 80-90, prétendant qu'elles étaient abandonnées par la littérature. Ce livre est loin d'être excellent. Se prétendant fiction dont les personnages, s'il ressemblent à des personnes vivantes, prouvent que la réalité n'est qu'une fiction ou une autre théorie fumeuse du genre n'est qu'un roman à clés sur les années SIDA en France. Un "petit pédé", comme celui chanté par Renaud, un militant engagé depuis longtemps dans la cause homosexuelle, un philosophe de gauche puis de droite racontés par une journaliste amante du dernier et amie des premiers. Le style se veut proche de l'oral et essaie de retranscrire des interviews au début puis dérive vers un style simple, mais plus agréable à lire. La faible part visible de fiction pousse le roman vers un pseudo-documentaire infiltré. Ce n'est sûrement pas le livre du siècle, ni le livre promis sur les années 80-90. Parce que, malheur pour Tristan Garcia, j'ai lu peu de temps après "Le Livre de Joe" de Jonathan Tropper. L'histoire d'un auteur, Joe, qui revient, des années après la parution d'un livre assez sévère sur les gens de son petit village, dans ce petit village suite à la mort de son père. Il retrouve difficilement les gens qu'il a quitté à la parution de son livre. Avec une série de flash-back et un lien concret avec la réalité, le livre raconte la difficulté d'écrire, le SIDA, l'homosexualité ou les problèmes de l'adolescence. Une histoire un peu compliquée, peut-être, mais qui nous tient. À choisir pour une description des années 80-90 plutôt que d'autres livres.

dimanche 25 juin 2006

Et dire que l'on se croit subversifs...

Je viens de finir trois ans avant mon année de naissance. Je suis déprimé. Dégoûté. Je me sentais subversif. Je me sens soumis. Il a réussi. Je me sentais libre. Je savais, j'avais découvert les secrets. Et petit à petit, il m'a retourné l'esprit. Il sait comment. Il a tout manigancé petit à petit. Avec ses animaux, je ne risquais rien, ils était éloignés, lafontainisés. Il ne me parlait que d'un temps que les moins de 20 ans ne pouvait assurément connaître puisque tout paraissait si beau. Cela ne m'a pas dérangé. Mais ce roman dans un monde si proche. Il a tout monté discrètement, insidieusement. Et la fin arrive comme un cheveu sur la soupe apparemment. Mais non ! Il faut le relire, le voir, savoir que ce qu'il nous fait croire c'est ce qu'il fait. Il est très fort. Je l'aime. J'aime Big Brother.