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lundi 4 mai 2009

Réponses à des artistes "de gauche".

Bonjour Juliette Gréco, Pierre Arditi, Maxime Le Forestier et Michel Piccoli, je viens de prendre connaissance de cette lettre à Martine Aubry. Alors oui, le droit d'auteur peut être un droit de l'homme, tout autant en ces jours de plus en plus "branché" que le droit à une connexion à Internet. Déclarer ses impôts, accéder à ses remboursements ou simplement converser ne se font aujourd'hui que principalement grâce à une connexion à Internet. Cette loi, par ses aberrations techniques pourrait ainsi couper la connexion à n'importe qui, mais surtout pas à ceux qui vous violent dans votre droit de l'homme à vous. Parce qu'il suffit de télécharger au travail, parce qu'il suffit de se connecter sur le réseau de sa voisine ou parce qu'il suffit de le faire depuis un bar avec une clé NeufWifi (par exemple) c'est ridicule de couper une connexion Internet en fonction d'une adresse IP. De plus, comme vous ne le savez sûrement pas, des études ont confirmé que ceux qui téléchargent le plus sont aussi ceux qui achètent le plus de biens culturels en ligne. Et si vous avez du mal à vivre, je pourrais vous conseiller de ne plus faire votre promotion sur un produit culturel, puisque c'est hélas de quoi nous parlons, mais plutôt sur un service, comme dans tant d'autres industries en France. Et la question du téléchargement ne constituerait pas un problème en soi. Et nous n'aurions pas à subir des lois qui restreignent de plus en plus nos capacités à nous connecter à Internet. Et parce qu'Internet n'est Internet que s'il est libre.

Je vous invite donc à venir en discuter avec moi, ou d'autres internautes, moi qui ai déjà téléchargé, mais qui ai également acheté de la musique. Discuter de ces problèmes, sans cautionner ni jeter l'anathème sur le téléchargement. Vous verrez pourquoi les manoeuvres socialistes pour provoquer le débat, à l'intérieur et à l'extérieur de l'hémycycle ne devraient pas vous dégoûter à ce point,

Cordialement.

vendredi 17 avril 2009

Gazouillis gazouillis...

Alors que certains y voient seulement une opération de com' (et il est sûr que tout ça a du faire augmenter l'audience du blog de la-dite Marion) d'autres suivent avec intérêt le conte de féés 2.0 qui est en train de naître sur la toile. Résumons, pour une expérience pseudo-scientifique, Marion, toujours elle lâche un tweet, en fin de semaine :

marion_MdM Je cherche un mec, Please RT

Le gazouillis se répand et rapidement des blagues arrivent, des réponses. Puis un se détache :

unmec @Marion_MdM Je suis là

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vendredi 3 avril 2009

Pédagogie vs. Hadopi

Alors que la loi Création et Internet vient d’être adoptée à l’Assemblée et en attendant l’avis du Conseil Constitutionnel, revenons sur un mot qui a ponctué les débats et qui est cher à Christine Albanel, celui de pédagogie.

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lundi 30 mars 2009

Je suis un pirate !

Oui, j'ai déjà téléchargé. J'ai téléchargé de la musique, j'ai téléchargé des séries. Christine, viens me débrancher !

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mardi 17 mars 2009

Le billet perdu de Pierre Assouline

Quand on raconte que Jacques Attali devient gratuit (en citant son nouveau blog), on n'a pas pris le temps de vérifier l'information. C'est ce qui arrive à Pierre Assouline, qui a depuis retiré de son blog le billet suivant qui apparaît dans mon agrégateur RSS. Je vous le recopie ici puisqu'il est introuvable en ligne.

Tout Attali gratuit !

Qu’on se le dise : l’intégralité de la cinquantaine de livres publiés en librairie depuis 1973 (Analyse économique de la vie politique) par l’essayiste-romancier-biographe-mémorialiste-dramaturge-rapporteur Jacques Attali est désormais disponible gratuitement en Pdf ainsi que sur les réseaux P2P. Avant de hausser les épaules, du moins pour cerains d’entre vous, en jurant que même pour rien vous n’en voulez pas, penchez-vous sur la chose car l’initiative vaut qu’on s’y arrête. Elle est née en fait non d’un projet longuement mûri mais de la réaction de l’auteur à la polémique déclenchée sur son ancien blog de L’Express (il blogue désormais chez Slate) par un billet du 9 mars dénoncant “Une loi scandaleuse et ridicule”. Celle réprimant le téléchargement gratuit de musiques ou de films. Il juge ce projet de loi absurde car selon lui le cryptage vain et illusoire, et dangereux car il accentue la surveillance des pouvoirs sur les internautes. Et le sacro-saint droit d’auteur ?

“A la fin du 18ème siècle, les lois sur les droits d’auteurs ont été écrites pour protéger les créateurs contre les marchands. Au milieu du 19ème siècle, telle fut aussi la raison d’etre des premières sociétés d’auteurs . Voilà qu’on prétend les utiliser pour protéger les marchands contre les créateurs ! Pire même, voilà qu’on prétend transformer les artistes en une avant-garde d’une police de l’Internet où sombrerait la démocratie. Cette loi sera sans doute votée, parce qu’elle est le pitoyable résultat d’une connivence passagère entre des hommes politiques, de gauche comme de droite, toujours soucieux de s’attirer les bonnes grâces d’artistes vieillissants et des chefs d’entreprises bien contents de protéger leurs profits sans rien changer à leurs habitudes”.

Le reste du billet étant de la même encre, on peut au moins lui reconnaître un certain courage dans la franchise. D’autant qu’il n’a pas vraiment habitué tant ses lecteurs que ses clients à ce type de discours. Si on veut y déceler des traces de démahogie jeuniste, elle ne sert pas ses intérêts traditionnels. Alors ? Des 164 commentaires qui ont suivi son billet, l’un notamment signé Timo et posté le 11 mars à 0h49, l’a poussé à réagir ainsi en livrant son oeuvre à tous en ligne et pour rien. Il est vrai qu’il s’achevait par ces mots :

“Je suis un musicien indépendant, je me produis par mes propres moyens, je ne suis aidé par aucune multinationale, et le jour où vous DONNEREZ l’integralité de vos livres gratuitement, alors vous aurez l’autorité morale pour venir des leçons sur la gratuité à la planète entière. Tant que vous n’aurez pas joint l’acte à la parole, votre article reste de la récupération démagogique, vous gagnerez en capital sympathie auprès du peuple, mais un capital sympathie construit sur de la fraude morale.”

[La république des livres]