Primaire à gauche : une histoire de résultats, et de démocratie

Enfin, les résultats de la primaire de la Belle alliance populaire sont disponibles. Enfin, pas dans leur version intégrale, seuls 95% des bureaux étant accessibles. Et grâce aux Décodeurs du Monde, qui les ont publié sur leur Github, honneur leur soit rendu. Sur le site de la Haute-Autorité, en lieu et place des résultats, s’affiche le communiqué publié lundi soir pour calmer la polémique dite «du bidouillage de la participation»En raison de conditions déplorables de travail à Solférino, les résultats avaient en effet été ajustés pour augmenter la participation sans changer les scores.

Le Monde a reçu mardi soir les résultats sur 95% des bureaux de vote. Il les a exploité dans la journée de mercredi et a ensuite rendu public le tableau à la publication de leur article. Mercredi soir, Libération avait l’exclusivité sur le nombre total de votants et les scores consolidés, ainsi que des résultats détaillés. Mais Libé n’a pas publié l’intégralité des résultats.

D’autres demandes de journalistes ou de simples citoyens sont restées dans le même temps lettre morte. Le Parti socialiste et la Haute autorité ont donc préféré diffuser des données à quelques médias sans les rendre publiques.

Garantir la sincérité d’un scrutin nécessite également de garantir la transparence de ces résultats. Et ce, à un niveau détaillé qui permet de lever tout doute sur une manipulation des scrutins. «Leur crédibilité [des primaires] dépend directement de ce niveau de transparence», notait Luc Bronner dans un éditorial du Monde lundi matin.

En ne publiant les données qu’une fois l’article terminé, ou en ne les publiant pas du tout, on peut noter que pour les médias, la concurrence le prime sur la transparence. Face aux manipulations à des fins de communication des partis, face à des vagues d’alternative news, les médias auraient tout intérêt à se serrer les coudes, à collaborer les uns avec les autres – et avec leurs lecteurs – et à embrasser plus généralement les principes de l’open-data pour permettre à tout un chacun de travailler sur des résultats aussi sensibles (ce qu’on fait en partie les Décodeurs en publiant les données).

Dans un temps de défiance vis-à-vis des personnalités politiques, une action la plus transparente possible des partis politiques serait un remède parmi d’autres. Une publication au fil du temps des résultats, comme ce fut le cas en 2011. Une publication pour tous et non pour des médias triés sur le volet. Une transparence sur les discussions entre responsables des partis. Et tant qu’on y est, que les ministres assument clairement leurs propos, et ne se cachent pas derrière l’anonymat.

Les résultats complets seront accessibles à tout le monde mercredi à 20 heures 30, selon la Haute-Autorité, si tant est qu’on peut encore lui faire confiance. [màj : à 21 heures, il n’y avait rien en ligne][màj : à 22 heures, il n’y avait rien en ligne]. Et dire qu’il y a un second tour. 

PS : par ailleurs, on peut noter que depuis quelques jours, les résultats détaillés de la primaire à gauche en 2011 ne sont plus accessibles sur le site du Parti-socialiste. Il s’agirait d’un problème technique indépendant.

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