Compter les djihadistes Français morts en Syrie et en Irak

1402927954075513125_1Il est hélas une chose facile à dénombrer, ce sont les morts. Corpus restreint et statut certain. En 2015, on a ainsi compté les morts aux frontières de l’Europe, les migrants morts à Calais en essayant de rejoindre la Grande-Bretagne. On a également vu comptés les règlements de compte à Marseille ou ceux tombés sous les balles de la police aux Etats-Unis.

Dans le cadre d’un cours à l’école de journalisme de Sciences-Po avec Jean-Marc Manach et moi-même,  un groupe d’étudiants a ainsi entrepris de compter les djihadistes Français morts en Irak et en Syrie. Ils se sont fondés pour ça sur des sources ouvertes, c’est à dire des publications dans la presse nationale et locale, ou sur les publications de spécialistes. De quoi tirer une multitude d’articles et d’angles. Un dossier a d’ailleurs été publié dans Libération.

Sur les 168 morts annoncés mi-mars par Manuel Valls, les étudiants – Agathe Charnet, Romain Cluzel, Morgane Heuclin-Reffait, Ghalia Kadiri, Léo Mouren et Laura Wojcik – ont pu retracer le parcours plus ou moins précis de 68 d’entre eux, soit plus de 40%. Une base de données donc, qui permet de varier les traitements. Papier récapitulatif illustrant les multitudes de parcours, angle sur le seul accidenté de la route du contingent, carte de leur lieu de décès, ou d’origine, statistiques diverses (mais partielles et biaisées)…

L’une après l’autre, ces données ne disent pas grand chose ; compilées, elles montrent les différentes facettes du djihadisme français et prouvent que toute généralisation est compliquée. Par ailleurs, cette base de données pourra être mise à jour, fournissant des éléments de contexte qui font parfois défaut pour une information brute. Une belle enquête reposant sur une base de données.

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